Au milieu d'albums anodins se trouvent parfois des chansons à la qualité indéniable, trésors sous-marins dont les oreilles attentionnées entendent l'appel. En d'autres occasions, ces perles sont des singles perdus au fond de l'immense océan musical, lâchées discrètement par des artistes inconnus du grand public. Tout comme nos Passages surlignent des instants impactant d'un titre, cette chronique veut faire remonter à la surface ces morceaux à côté desquels on serait passé. Et nous savons que la Prise du jour sera bonne.
Difficile de définir un coup de cœur musical. Celui-ci peut survenir en découvrant un album d’un groupe que nous aimons déjà ou au contraire, arriver lors d’une écoute faite à reculons et qui se révèle surprenante, créant alors une nouvelle affection pour une formation jusque-là étrangère à notre bibliothèque. Cela peut également arriver lors d’une découverte, hasardeuse et bienvenue, au milieu d’une playlist spécialisée. Perdu entre des mastodontes du style, un morceau tire son épingle du jeu et vous agrippe dès les premières secondes pour ne plus vous lâcher, se créant dans votre cerveau un cocon douillet dans lequel il vivra pendant des mois sans payer de loyer.
Il n’est pas rare que j’aille arpenter les territoires du metalcore et autres joyeusetés pour me constituer des aires de jeux musicales où les bourre-pifs, la bagarre et le two-step sont légions. Bien qu’ayant mes petits classiques et favoris dans cette niche, un peu de nouveauté ne fait jamais de mal. Dernièrement, il m’en a fallu beaucoup pour faire face à toutes les actualités et évacuer les ressentis négatifs. Dans mes découvertes, une sort du lot. Avec seulement quelques singles sortis, les Anglais de chez Imperial Avenue ont sorti ce que je considère comme une preuve incontestable de leur talent : Cry No More.
4 minutes et 34 secondes, des riffs simples mais efficaces, une voix criée maîtrisée et surtout : un refrain qui pue le metalcore ainsi qu’un breakdown qui m’aura fait dévisser ma nuque plus d’une fois. Le quatuor formé par Bailey Dyas à la batterie, Johnny Walsgrove au chant, Matthew Cooper à la guitare ainsi que Jake Farley-Moss à la basse (qui a remplacé Emily Cooper en ce début d'année) ne cache pas ses influences, allant d’Architects à Bring Me The Horizon en passant par Malevolence. Il serait difficile de renier l'influences des groupes les plus importants de ces deux dernières décennies dans cette scène metalcore tant la composition transpire ces grands noms, sans pour autant n’en être qu’une pâle copie.
Peut-être est-ce là l’opportunité de voir la naissance d’un futur grand groupe. Peut-être qu'Imperial Avenue ne percera jamais réellement. Dans un monde où la musique fuse et où nous pouvons parfois être noyé sous les nouveautés, il faut savoir apprécier ces découvertes qui nous marquent et espérer qu’un jour, cette étoile puisse briller haut dans le ciel et ne pas être oubliée dans les limbes.
En attendant la sortie d’un EP, voire d’un album, profitons des quelques morceaux déjà disponibles et soutenons les petits groupes. Parce que des morceaux comme Cry No More, moi, j’en veux encore.